dimanche 6 octobre 2013

Jour 9, 3 octobre 2013. Moscou

Encore une journée très froide et humide, nous avons vraiment gelé durant ce voyage mais nous nous sommes jamais mouillés alors tout va bien.
La première visite était le couvent Novodevitchi pour femmes. En plus d'aceuillir des filles de bonne famille avec vocation, le monastère était très utile pour enfermer des épouses devenues indésirables. Une locataire privilégiée était la sœur de Pierre le Grand qui avait comploté contre lui pour lui prendre le trône. A part les très belles icônes de l'église et un beau parc, il n'y avait pas beaucoup a voir.
Pour se réchauffer, utiliser des toilettes propres et prendre un verre de vodka, nous nous sommes arrêtés dans un magasin de souvenirs avant de faire un tour dans un cimetière genre Père LaChaise. L'atmosphère y était très différent de nos cimetières; d'abord il y règne un certain désordre, des grands arbres et arbustres poussent partout et les tombes ne sont pas alignées à l'équerre, ça donne une intimité aux tombes et ceici me plait. Ce qui m'a aussi frappée ce sont les monuments qui, pour la plupart, ne montrent pas des anges mais des bustes monumentaux du défunt. C'est vrai que ce sont des gents connus, mais j'ai trouvé leur auto-glorification exagérée. Nous avons vus Eltsine, Krouschtev, la femme de Gorbatchev, Gogol, Puchkine, des militaires, et plusieurs apparatchiks au buste gonflé.
Après le lunch qui n'était pas fameux, nous avons fait un tour dans la rue piétonnière Arbat, normalement très animée avec des mucisiens, des peintres, des cafés et des boutiques. La rue est vraiment très belle, bordée de beaux immeubles. Seulement quelques artistes ont bravé la froidure, mais les boutiques réjouissent toujours.
Le meilleur est venu à la fin: le musée Tretiakov qui abrite les peintres russes jusqu'à la révolution. Lidia nous a fait le guide et grâce à elle la visite fut très intéressante. Avant le XVIIIe siècle, l'art laïque n'existait pas en Russie. C'est avec Pierre le Grand que l'art du portrait a fait son apparition. Nous avons donc regardé plusieurs personnages dans leur contexte historique. Ensuite nous avons  étudié des scènes de la vie des gens du peuple. Très gris, la vraie misère, illustrant bien le dur  quotidien du petit peuple.
L'art des icônes remplit une grande partie du musée. Depuis l'Égypte, (les portraits de Faioum), et Byzance, les églises orthodoxes ont favorisé cet art. En Russie il a atteint son apogée. Le plus connu des artistes est Roublyov, XVIe siècle, et son icône la plus célèbre est la Trinité-Saint-Serge qui est au musée. Normalement on ne connait pas le nom des artistes, qui ne signaient jamais leurs œuvres puisque ils n'étaient que les vaisseaux par lequel les dieux écrivait l'histoire sainte. Roublyov on le reconnaît par son style et ses couleurs très personnelles. Sans guide je n'aurais rien vu de tout ça.
Pour finir nous avons mangé dans un très bon restaurant qui est le club de l'industrie pétro-chimique. Nous avons donc subventionné les oligarches!
Voilà, une autre belle journée enrichissante.

(De retour à Montréal, les photos ont enfin été installées)

 Entrée du monastère Novodevitchi pour femmes. Église-porche de la Transfiguration
 Chapelle
 Église de la Vierge de Smolensk
 Intérieur du réfectoire
 Superbes icones très vénérés
 Au cimetière de Novodevitchi, Tombeau de Feodor Chaliapin, 1873-1938, chanteur basse réputé
Andrei Tupolev, 1888-1972. Designer aéronautique renommé
 La rue Arbat, normalement très achalandée... mais là, il fait 'frette'
 Le musée Tretyakov qui héberge les oeuvres d'artistes russes
 Portrait d'Alexandre Pouchkine par O.A. Kiprensky, 1782-1836
 À l'intérieur du musée, très belles salles
 Portrait de misère: "les apprentis en 'troïka' transportant de l'eau", par V.G. Perov, 1834-1882
 V.I. Surikov, 1848-1916, Boyarinya Morozova.  Le tableau montre la noble Theodosia Morozova en route pour l'exil pour avoir dirigé le mouvement des anciens croyants qui se signaient à 2 doigts
Le fameux icone 'La Trinité' de Rublev, 1420

jeudi 3 octobre 2013

Jour 8, mercredi 2 octobre 2013. Moscou

Départ a 9h pour visiter le Kremlin. Beaucoup d'embouteillage, après le calme de l'arrière pays la turbulence de Moscou nous frappe. Je suis très contente de reconnaître quelques balises, aussi j'ai finalement réussi a trouver l'hôtel sur une carte, je sais où il est par rapport au Kremlin et à la Moscova, (fleuve). C'est étrange mais à la réception, on m'avait carrément répondu qu'une carte de Moscou n'existait pas! Même pas une carte du Métro alors que c'est un hôtel avec plus de 1700 chambres! Service à la clientèle? Connais pas!
L'arrivée au Kremlin fut agitée. La sécurité est extrêmement sévère, les guides remplissent des laisser passer, pas de sacs, et des queues interminables! Finalement l'attente n'était que de 25 minutes.
Nous avons commencé par le musée des armures. Il contient quelques armures mais aussi des carrosses, des robes, les cadeaux des ambassadeurs, l'argenterie russe, etc. Une richesse inouïe!
Je n'aime pas vraiment regarder ce genre d'éxibit mais quand ce sont des objects qui ont servi à Catherine la Grande et à Pierre le Grand, quand on voit le trône d'Ivan le Terrible et la couronne de Vladimir, c'est très excitant : l'histoire illustrée!  Je me promets d'apprendre davantage sur l'histoire russe.
Le clou du Kremlin est la place des cathédrales.  Cet ensemble architectural est unique et extraordinaire par sa beauté et son importance historique. Les cathédrales actuelles furent érigées en 1470. Pourquoi avait-on besoin de six églises sur cette petite place? Eh bien, chacune répondait à une dévotion particulière, à un usage différent et peut être ils aimaient bâtir? Encore là, l'imagination historique est importante : je m'imaginais Catherine avec tous les nobles avançant vers la cathédrale de l'Assomption pour se faire couronner... Sur le même parvis, pareil à tous points de vue à celui que nous foulions!  Même Stalin avait ordonné à ses camarades d'épargner le Kremlin, le cœur de la Russie.
Le seul bâtiment laïque sur cette place est le palais des facettes mais nous ne l'avons pas visité. Dans Le grand palais du Kremlin se tiennent les grandes réceptions, le petit palais abrite le musée des armures. Le reste des bâtiments est réservé a l'administration de l'état et est strictement interdit d'entrée. On peut apercevoir le helipad du président et quelques autos noires qui circulent. On ne rigole pas avec la sécurité!
Après un bon manger qui a traîné un peu en longueur nous avons visité trois des plus belles stations du métro. Une, la Komsomolskaia, avait l'allure d'une salle de bal. Pas un graffiti et très propre. Les caméras sont partout et je pense que les tagueurs n'ont pas envie de se faire prendre!
Dernier stop, le musée de l'espace. Ce choix était plustôt un choix de convenance géographique; il se trouve en face de l'hôtel. Nous avons voulu changer pour le musée Puchkine mais la réalité de temps et de distance n'était pas surmontable. Finalement il est bien fait le musée de l'espace, les capsules, les combinaisons, les photos, etc.,  étaient bien mais je ne trippe pas là dessus.
Voilà notre belle journée moscovite. Demain une autre!



 Photo de groupe en faisant la queue pour entrer au Kremlin par la porte Borovitskaia
 Le petit palais, à droite, abrite le musée des armures.
Les photos n'étaient pas permises à l'intérieur
La place des cathédrales
 
 Cathédrale de l'Assomption
 
 Portail de la cathédrale
Cathédrale de l'Annonciation 
Campanile de l'Assomption et le clocher d'Yvan le Terrible
Une famille de coupoles. Église des enfants du Tsar
 Le Sénat et les bureaux du président
 La gare Komsomolskaia... une salle de bal!
 Gare avec vitrails
 Entrée du musée de l'Espace
On honore les femme astronautes.  Julie Payette est bien là
 Les deux chiens qui sont revenus sur terre après 18 orbites dans leur vaisseau spatial. 
Ils ont pris la succession de Laika qui est restée dans l'espace
 Sputnik
Le musée de l'Espace vu de notre chambre d'hôtel

mercredi 2 octobre 2013

Jour 7, mardi 1er octobre 2013. Sergiev Posad

Saint-Serge (Sergiev) est un des saints les plus vénérés en Russie.  Au XIV siècle il construisit une petite chapelle et une hutte dans la forêt.  Sa grande sagesse attira d'autres personnes et un monastère fut créé. Autour du monastère s'installèrent artisants, fermiers et commerçants.
Le petit village fut fortifié au XVI et XVII pour résister aux assauts divers. A plusieurs reprises le monastère donna refuge a Pierre I et joua donc un rôle important non seulement au plan spirituel mais aussi politique.
Aujourd'hui c'est le plus grand centre spirituel de l'église orthodoxe russe, leur Vatican. 300 moines y vivent, il y a une école de théologie et de chant. Seule la voix est admise pour accompagner l'office c'est donc important de savoir chanter.
La plupart des édifices d'aujourd'hui datent du XVIIe siècle mais, vu que les cathédrales orthodoxes sont construites selon un code strict depuis des siècles, l'oeil profane ne peut les dater. La nouvelle cathédrale à Yaroslavl n'a que trois ans mais, vous avez vus les photos d'hier, elle ressemble aux autres. N'empêche qu'on ne se lasse pas de les admirer et d'être surpris à chaque fois. Malheureusement, le sanctuaire fête ses 700 ans et TOUTES les églises sont derrière un échafaudage opaque pour se faire une beauté.
Nous avons quand même pu entrer dans trois églises. La plus grande, la Trinité, abrite la dépouille de Saint-Serge.  Selon Lidia, notre guide, le corps de Saint-Serge fut trouvé 30 ans après sa mort parfaitement intact; et il sentait même bon.  Ceci a confirme son statut indiscutable de saint, aimé de Dieu. Les gens font la queue et embrassent la vitre qui recouvre le corps. Durant 12h sans interruption un petit chœur chante des prières et le commerce des chandelles bat son plein.  C'est touchant de voir cette foi même si on ne la partage pas.
Il y avait aussi une source sacrée ou tout le monde s'approvisionnait, même avec des contenants de 5 litres.  On peut boire cette eau et la partager avec sa famille pour la purification de tous.
Après avoir fortifié nos âmes nous avons fortifier nos corps dans le meilleur restaurant a date. Grâce au miracle de la médecine, mon mal est terminé et j'ai pu en profiter.
Les artisants attirés par le monastère depuis des siècles ont fait de Sergiev Posad un grand centre d'artisanat; d'ailleurs, les matriochkas (poupées gigognes) viennent dici. Les poupées furent créées pour l'expo universelle de Paris et ont eu un tel succès qu'elles sont devenues l'emblème de la Russie. Nous avons donc essayé de peindre la nôtre dans un centre d'art. C'était très amusant, nous avons tous reçu une poupée avec le visage déjà peint et le contours des habits tracé. Tout le monde s'est bien amusé et plusieurs sont sortis avec des chefs d'oeuvres. J'ai même eu droit à une petite visite guidée d'une exposition a l'étage supérieur d'un artiste qui sculpte tous les saints du XIV siècle avec la méthodes du temps, c'est a dire la hache.  Ce moyen très primitif donne aux statues une force expressive étonnante. De plus, une tache de feuille d'or, leur donne une spiritualité.
En chemin pour Moscou nous avons joué un disque de chants russes qu'André a acheté hier à Yaroslavl. L'atmosphère mélancolique des chants me faisait réfléchir sur cette Russie et surtout sur la résilience des russes, surtout des octagénères: quand ils sont nés, leur parents était probablement croyants, ou au moins l'étaient dans leur jeunesse. Ensuite  Staline, la guerre, le goulag, la famine, la terreur et les délations. Démolition des églises, baptêmes et mariages en cachette. Vient la pérestroïka et, avec elle, fin des emplois assurés, réduction de la pension de vieillesse à 15$ par mois, inflation et criminalité rampantes. Et, depuis 40 ans, comme si rien ne s'était passé, les églises sont rénovées, les moines surgissent, même le président fréquente l'église. Pour le reste, la corruption et la misère continuent; pour beaucoup de gens, on se demande pourquoi tout ces sacrifices ....
Demain visite du Kremlin.

Entrée du monastère... beaucoup d'échafaudages
 


 L'iconostase
 Le monastère compte quelque 300 prêtres
 Cathédrale de Saint-Jean Baptiste
 Le réfectoire... espace somptueux
 Iconostase de la Catédrale de l'Assomption
 La source d'eau bénite
 Petite cathdrale paisible
 Les artistes à l'oeuvre au centre d'art
 Tout le monde est concentré
 Visite privée de la galerie de sculptures taillées à la hache
Vue de notre chambre 1814 à l'hôtel Cosmos, Moscou


mardi 1 octobre 2013

Jour 6, 30 septembre 2013, Rostov le Grand

Départ relax de Yuroslavl à 10h, arrivée a Rostov vers midi.  Rostov était habité depuis avant l'aire chrétienne par des tribus Finno-Ugriennes, le premier monastère fut créé en 1071 et, très vite ça devint un centre de culture et de commerce.  Mais les édifices anciens n'ont pas survécu aux invasions des nomades et a la guerre que la Suède et la Lithuanie ont menées contre Moscou.
En 1630 le sort de Rostov a changé: un homme, le métropolitain (une sorte d'archevêque) Jonah décida d'y construire sa résidence a l'image du kremlin de Moscou. Les six églises, les appartements pour le tsar et le métropolitain furent construits presque au même temps et au goût d'un seul bâtisseur. Le résultat est extraordinaire, la silhouette des coupoles grises, vertes et dorées donnent à croire que derrière le mur du kremlin se trouve un bout du paradis.
L'intérieur de la cathédrale de l'Assomption est en restauration, durant l'époque soviétique on utilisait les églises comme entrepôts, sans chauffage, sans fenêtres et donc elles sont dans un pitoyable état. Mais on voit en dessous les merveilles de jadis et maintenant l'état fédéral semble dégager des fonds pour des restaurations massives.
Une autre église, celle de Saint-Jean le Théologien, était déjà convertie en musée quand le régime stalinien est venu au pouvoir, donc elle n'était pas considérée comme un édifice religieux et toutes les fresques ont été conservées.
Un museé de l'art de l'émail est installé dans les appartements; c'est la spécialité de la ville.  On a pu voir des collections du XVII au XX siècle. Les couleurs ont un peu changé mais l'art est resté plus ou moins le même. Durand le régime stalinien les ateliers individuels ont été réunis dans une collectivité et, évidemment, les sujets peint n'étaient pas religieux mais maintenant il y a de nouveau 6 ateliers indépendants a Rostov.
Après le repas nous sommes allés à l'hôtel. Et a 16h les guides ont proposé à ceux qui le voulaient un tour a pied jusqu'au centre ville. La ville est sur le bord du lac Nero, on a pu aller à la plage et regarder quelques dachas que les riches moscovites ont retapées. J'ai dû retourner a la hâte car la tourista a repris. Heureusement, dans l'autre groupe il y a un pharmacien et il est allé me chercher des antibiotiques alors ça devrait s'arranger. En attendant un autre souper plat avec du riz sec.
Demain retour a Moscou en passant par un monastère très fameux.

 Entrée principale du kremlind de Rostov
 Églises de N-D de Smolensk, de l'Assomption et de la Résurection
 Cour intérieure avec les appartement du tsar et du métropolitain
 Église de l'Assomption
Tour à carillons
 Iconostase très endommagé, en restauration
 Mitre avec émaux
 Superbe vierge en émail
 Corridor entre les églises
 Iconostase de l'église de St-Jacques le théologien
 Église de la résurrection
Lac Néro (14 m de profondeur dont 11 de vase).  Au fond, le Monastère de Saint-Jacques